Des questions toujours sans réponse après la tuerie de Reims
Coéquipières sur les terrains de volley, copines à la ville, les deux jeunes femmes abattues jeudi matin à Reims par un homme qui s'est donné la mort vont désormais reposer loin l'une de l'autre, chacune dans sa région d'origine.
Les obsèques d'Amélie Antoine, 31 ans, kinésithérapeute à l'hôpital Sébastopol de Reims, auront lieu mercredi matin à Vand½uvre, dans la banlieue de Nancy. Celles de Sophie Pirès, 29 ans, professeur de sport au collège Joseph-Boury de Neuilly-Saint-Front (Aisne), se dérouleront le lendemain après-midi à Epernay.
Les deux jeunes filles jouaient au Brossolette Olympique Rémois, une équipe de volley de Nationale 2 dissoute l'an dernier. Pour rendre hommage à ces « deux amies très chères », les anciens du club se retrouveront ce soir au gymnase Saint-Thierry de Reims où une « carte collective » sera rédigée.
Préméditation
En retournant son arme contre lui, Edouard Totot, 39 ans, un habitant de Cernay-lès-Reims lui aussi kinésithérapeute à Sébastopol, laissera toujours planer des interrogations sur le mobile du double meurtre.
Dans les milieux proches de l'enquête, on indique que « le fond de l'affaire est forcément passionnel ». Edouard Totot et Amélie Antoine étaient collègues de travail à l'hôpital Sébastopol. D'après les renseignements recueillis, ils entretenaient une relation mais la jeune femme avait annoncé son intention de retourner vivre à Nancy.
L'homme ne l'aurait pas supporté. Tout laisse à penser qu'il s'est rendu jeudi matin à son domicile de la rue Croix-Saint-Marc avec l'intention de tuer : il est venu armé.
Il a utilisé un pistolet calibre 9 mm pour abattre Amélie. Sophie Pirès se trouvait dans l'appartement à ce moment-là. Rien ne permet de dire qu'il le savait. La voiture de la Sparnacienne n'était pas garée devant l'immeuble, mais plus loin.
Pourquoi l'a-t-il tuée à son tour ? A-t-elle voulu s'interposer ? Ce n'est pas impossible car il s'agissait d'une athlète, d'une sportive habituée à faire face à l'adversité.
Une deuxième arme ?
Pris dans une spirale meurtrière qu'il ne pouvait plus stopper, Edouard Totot a-t-il tiré sur elle sans réfléchir, au seul motif qu'elle était là ?
Après les coups de feu, un voisin indique avoir entendu des « clics », comme si l'auteur avait continué à presser la détente de son pistolet vide de munitions.
Des témoins l'ont ensuite vu ressortir « tranquillement » de l'immeuble, sans arme apparente. Il est remonté dans sa BMW pour rejoindre le parking de l'hôpital Sébastopol. Là, il s'est isolé pour mettre fin à ses jours avec un deuxième pistolet selon des informations non confirmées hier par le procureur de la République de Reims Madeleine Simoncello. « Il faut rester prudent. Nous n'avons pas encore tous les résultats des expertises balistiques. »
Cette tragédie laisse également dans la stupeur et l'incompréhension tous ceux qui connaissaient Edouard Totot, ostéopathe loué pour ses compétences et son dévouement auprès des patients. Deux jours seulement avant le drame, il venait de terminer premier à un concours lui permettant d'accéder à une carrière de cadre soignant.
Tro jeune pour mourir...